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La Réalité

Dernière mise à jour : 9 déc. 2019


Comme chacun sait, j'ai exercé les métiers de la sécurité durant de nombreuses années, pubs, boîtes concerts... Je vais tenter dans ces lignes de vous faire bénéficier de cette expérience ou plutôt des leçons que j'ai su tirer de la réalité.


Qu'est ce qui fait que l'on peut être sur et certain de gagner lors d'un affrontement? Clairement rien ! Lors d'une confrontation réelle, de nombreux paramètres entrent en jeu. On ne gagne pas uniquement parce que l'on est le plus fort.


Cela soulève plusieurs sujets:


La technique :


La technique est une des premières choses à prendre en compte si vous n'êtes pas physique. Plus vite l'adversaire tombera plus vite vous serez hors de danger. Elle se décline en trois parties, la première purement technique, la seconde, la puissance d'impact et la troisième la vitesse. Elles sont toutes trois d'égales importances. Il faut frapper vite et fort (vitesse, puissance) sans que l'adversaire ne comprenne ce qu'il vient de se passer (la technique).


La psychologie :


La psychologie dans le combat est un paramètre déterminant. La prise de décision, y aller ou pas, et lorsque cette décision est prise, aller au bout avec détermination. Pas de doute, juste de la détermination. J'entends souvent, "si je lui fais ceci ou cela, je vais lui faire mal", "je me suis retenue pour ne pas lui faire trop mal" etc. Frapper sans vouloir faire "trop" mal...??? Quel non sens! Si vous ne voulez pas faire "trop" mal, ne frappez pas! L'action même de frapper quelqu'un et faîte dans cette intention. Si vous frappez une personne sans vouloir lui faire de mal, vous aurez toutes les chances de perdre; or perdre dans un combat réel implique peut être d'y laisser sa vie.

Il arrive d'avoir le choix, utiliser la violence ou pas. On peut dans certains cas s'enfuir ou décider de rester (cogner). Dans une situation ou vous devez utiliser la violence faite le pour détruire, c'est le seul moyen de "gagner" et de sauver sa vie. Ici encore, la prise de décision est primordiale, le faire jusqu'au bout ou ne pas le faire du tout.


L'émotivité: doute, peur, stress, colère, confiance en soi.


Le doute:

Le doute est la pire des choses que vous pouvez ressentir, du doute nait la peur ; la frustration du "j'aurais du le frapper quand j'en avais encore le choix !" En cas de duel, le doute vous fera hésiter et bien souvent perdre ou du moins prendre d'énormes risques.


La peur :

On est, ce que l'on est. Un peureux compulsif ne se changera jamais en tigre furieux ! On peut s'améliorer, combattre ses peurs voir les surmonter, mais totalement changer, cela n'existe pas on ne change pas notre nature profonde. Il ne faut pas avoir honte d'avoir peur, le "mâle plein de testostérone" qui ne connaît pas la peur n'existe pas. Pour surmonter ses peurs il faut faire preuve de courage, qualité première du combattant.

Le stress :

Avec le stress, le cœur s'emballe, la vision se trouble, la respiration se coupe. Cela fait baisser vos aptitudes de moitié. L'adrénaline doit être une amie. Il va s'agir à ce moment précis de l'utiliser, frapper au moment ou elle monte. Si l'on attend trop, elle se transforme en peur.

La colère : Elle est une ennemie, elle inhibe toute peur mais peut nous stopper en se transformant en rage ou fureur. Dans ces cas là, l'on se met à faire n'importe quoi, frapper de façon désordonné et l'on perd toute efficacité. L'idéal est d'être concentrer, attentif, en tension, mais pas exciter.


La confiance en soi : La confiance en soi naît de l'expérience, elle est bonne mais elle a un vice caché. Être trop confiant nous fait prendre des risques. Trop sur de soi, on fait moins attention, on sous estime l'adversaire potentiel et BOUM c'est le drame!


La chance et la ruse : Le facteur chance est à prendre en compte. Il existe et grandit avec le nombre d'adversaire, on n’a pas des yeux dans le dos... Même si l'on ne peut pas contrôler totalement ce facteur, l'expérience et l'analyse de la situation reste le meilleur remède. La ruse peut jouer un rôle décisif dans l'issu du combat. Pour survivre à une agression tout est bon, oubliez le sens moral. Ex: jeter nos clés au visage de l'adversaire, frapper l'agresseur en regardant et s'adressant à son compère...


Surprise et distance de sécurité :


Il est impératif de garder une distance de sécurité entre vous et l'adversaire afin de ne pas être pris par surprise (coups de têtes ou autres). Si l'adversaire viole votre espace, il meurt ! Même si c'est pour refaire son lacet ! On ne connaît jamais l'intention de l'adversaire, dans le doute (si on veut rester en vie) on attaque.


L'attaque est un geste de défense.


L'attitude à adopter : Cette dernière est d'une grande importance. Deux choix : s'imposer en gagnant ou jouer la victime.


S'imposer lors de l'altercation de manière claire et bonne pour dissuader les agresseurs les moins farouches. Cette manière de faire et là pour intimider l'autre, il doit ressentir exactement votre détermination. Le regard froid, le ton sec et l'attitude de corps prêt à l'offensive, lui fait tout de suite toucher du doigt que vous êtes présent et ce, jusqu'au bout ; vous ne vous laisserez pas faire.


Jouer la victime et un autre remède... Cette façon de faire est faîtes pour engendrer l'effet opposé, elle crée la surprise lors de l'assaut. On donne confiance à l'agresseur, il se sent en confiance, fais moins attention et nous sous estime. Au moment opportun frappez.


Est ce nous ou le style ?

Cette question revient sans cesse. Nous gagnons par nous même ou bien est ce le style qui nous fait gagner ?

Certainement les deux. Un combattant est un combattant, la psychologie est primordiale, mais le style que l'on choisit nous est également d'une grande aide (il faut lui faire confiance pour bien l'utiliser).

Choisir son style par choix personnel, mais surtout en prenant nos qualités/physique en compte est important. En clair j'aime et j'arrive à développer. Est ce que ce style est mieux pour moi qu'un autre ? C'est LA question qu'il faut se poser. Dans le combat, vous ne ferez pas 100% de pak mei, 70% tout au plus.


Le système vous apprend à "bouger" d'une certaine manière, il ne s'agit pas de répéter des techniques apprises par cœur lors de l'entraînement et les restituer tels quelles lors de l'affrontement ; cela est impossible. On développe la biomécanique de corps qu'il exige, puis on s'en sert dans n'importe quel situation, debout, assis, quelque soit le lieu et la position au départ de l'action. L'art doit rester un outil pas une finalité, on l'utilise comme on veut (peut) mais ne pas rester enfermer dedans. Il est un outil de développement de réflexe, de force, de stratégie mais certainement pas une finalité technique. Il va développer en nous des réflexes mais la technique doit s'adapter à l'adversaire, à son gabarit, nombre, ainsi qu'au milieu (lieu), la place...

Un peu de maths...


L'affrontement en quelques pourcentages : 40% technique, 10% chance, 40% détermination (vitesse, puissance), 10% ruse. Toutes les situations sont différentes, cela peut donc être très variable, mais dans la majorité des cas d'un contre un, c'est ce barème qui s'applique.


Gagner à tout prix :


Le problème des lois et de la survie :

Il ne faut surtout pas perdre un combat de rue, perdre peut être fatal, il s'agit de survie. Pour cela, il faut mettre toutes les chances de notre côté et utiliser toutes les techniques nécessaires, l'adversaire doit prendre la foudre et ne jamais s'en relever...


La loi elle, ne l'entend pas de cette oreille. Comme je l'ai dis dans un précédent article, nous ne vivons plus au moyens âge. Le problème de l'art martial est qu'il détruit. Mais le second problème est que si vous ne l'utilisait pas contre des adversaires plus forts ou plus grands que vous, vous perdrez (mourrez).


N'est ce pas paradoxal que la meilleure chose à faire doit être aussi celle qu'il faut éviter jusqu'au dernier moment !?

Conclusion :

De nombreux paramètres entrent en compte lors d'un combat, affrontement, agression... Certains sont calculables, la technique, le timing, le coup d'œil : l'entraînement. D'autre incalculables, facteur chance... Un combat peut être gagné ou perdu sur un seul coup, de nombreux champions en on fait l'expérience. Être fort, fier et brave est bien, mais ne sous estimez jamais personnes et jamais une situation, c'est cela qui fait que l'on reste en vie longtemps...

Vous pourrez penser que j'exagère, que ce n'est pas la guerre et que l'ont est pas toujours en danger de mort et vous aurez raison. Mais les journaux sont pleins de fait divers et j'ai appris à mes dépends que cela n'arrive pas toujours qu'aux autres.

" Quiconque sait quand combattre et quand renoncer au combat s'assure de la victoire"

Sun Tzu - L'art de la guerre: Chapitre III Paragraphe 27.

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