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Qu'est ce qu'un maître de Kung-fu?

Dernière mise à jour : 9 déc. 2019


Qu'est ce qu'un maître de Kung-fu, ou plutôt, qu'est ce qui fait que l'on peut dire que l'on est un maître?


C'est la question qui m'a été posée par un de mes élèves âgé de 11 ans. C'est une question simple mais pertinente à laquelle l'on a un mal fou à répondre... Plusieurs choses, parle t'on de sagesse, de capacité de combat et de maîtrise ou bien de connaissances...? Certainement les trois en même temps. Le maître peut revêtir divers aspects, car il existe plusieurs types de maîtres.


1- Le problème de la sagesse:


La plupart des occidentaux pensent que les maîtres chinois pratiquent forcement la méditation, qu'ils sont sages, et parlent par proverbe tout au long de la journée... La réalité est bien sur différente et j'ai envie de dire que si vous voulez de la sagesse, il vaut mieux aller voir les moines dans les monastères!


Nombreux sont ceux qui, à travers leurs écoles, cherchent un lien social ou un papa en leur maître. Ceux-ci se trompent de chemin ! Chemin faussé par la faute des films fantasmant l'idéal d'un maître sage et dur à la fois, qui à toujours raison et, est doté d'une lucidité qui traverse les murs!


Je suis un peu dur et je grossis le trait mais c'est, je pense nécessaire. Le maître est un homme (humain) comme tout un chacun, il doute, s'amuse et dit même des gros mots! L'art martial est en premier lieu une science du combat. La philosophie existe bien sur, mais au commencement il s'agit d'un art de guerre!


Pensez vous sérieusement que dans les temps anciens les maîtres s'embarrassaient d'un quelconque sens moral alors que leurs vies n'étaient faîtes que de violences et ou le maître mot été la survie? Je ne le pense pas!


Je pense que la notion de Wu De* n'est apparut qu'en temps de paix, ou les maîtres avaient du temps libre pour bavarder et philosopher. Ces notions de vertus ne sont applicables que si l'on ne sent pas le danger dans son dos à longueur de temps. Ils ont ainsi appris à alimenter leurs esprits de principes sains.


Je pense néanmoins que la vertu d'un combattant est tout de même importante dans la formation mentale de l'élève, elle constitue un certain garde fou qui prévient l'élève d'un sentiment de supériorité physique malsain dont il pourrait user sur autrui.


La philosophie de beaucoup d'entre eux n'est très souvent que façade. De nombreux maîtres très connus et réputés mentent à leurs élèves et au monde en modifiant leurs formes originales, ajoutant coups de pieds haut ou inventant des formes pour palier leurs manquent de formations et afin de garder les élèves prés d'eux le plus longtemps possible.


2- La capacité de combat:


La capacité de combat est un vaste sujet. Le maître doit connaître les principes de combat et théories découlant de son style bien entendu, mais doit-il savoir obligatoirement combattre ou avoir une expérience du combat pour être un bon maître? Certains maîtres ne savent pas réellement combattre, mais leurs élèves en ont la capacité. D'autres savent combattre mais n'arrivent pas à l'enseigner par manque de pédagogie. Certains autres, font partie de mafias locales mais ont des niveaux de maîtrises bien plus grand que d'autres plus connus. Ceci est certainement dû au fait qu'ils ont eu à combattre dans la réalité, réalité qui forge l'expérience.


Si les exercices qu'il nous fait travailler descendent de notre lignée c'est qu'ils ont fait leurs preuves. Mais je dirais qu'il est préférable d'avoir un maître qui sache combattre ou qui est une expérience de la réalité afin de savoir ce qu'il est bon de faire ou non en situation dangereuse. Son expérience peut nous aider à faire les bons choix.  Mais vous n'êtes pas votre maître ! Vos capacités, votre adaptation à la situation ne tiennent qu'a vous. Le jour ou vous aurez à vous défendre votre maître ne sera pas là, seulement vous et votre/vos adversaires.


J'ai souvent entendu, "mon maître est le plus fort, mon style est le meilleur, mon école..." lorsque j'entends cela j'ai envie de demander, "et toi? qui es-tu ?".


Votre maître vous apprend l'art du combat mais ne vous cachait pas derrière lui, assumez vous en tant que personne, que combattant, et pas toujours en tant qu'élève d'un tel ou un tel.


3- La connaissance:


La connaissance théorique d'un style ou le nombre de formes et de matières connues d'un maître est-elle gage de maîtrise et suffisent-elles à accorder le nom de maître à celui-ci? Certains maîtres ne connaissent que peu de formes mais ont par contre, une profondeur de maîtrise difficile à atteindre. Le "nombre" n'est pas forcement gage de qualité, dans la réalité, quelques techniques suffisent... A l'inverse, il faut un minimum sinon l'élève ressentira un goût d'inachevé à la fin de sa formation.


4- Quand devient-on un maître?


On en arrive donc à cette question, quand devient-on un maître?


En Chine le Sifu/Shifu est tout simplement celui qui enseigne, qui a des élèves. Généralement on demande la permission à son propre maître d'ouvrir sa propre école ou simplement accepter des élèves.


Il existe donc de bons et de mauvais maîtres, les réputations viennent par la connaissance des autres écoles de nous même. Très souvent, le meilleur élève d'une école est destiné à devenir un maître. On dit souvent "oh! c'est le fameux élève de Sifu.." lorsque l'on croise ces personnes au niveau hors du commun...


5- Conclusion:


Le maître est celui qui à décidé de vouer sa vie à l'enseignement, recommençant éternellement. Former les futures générations à ses secrets et ses traditions. L'idéal serait qu'un maître possède tout ce que l'on attend.


Mais n'oublions pas que le jour du test, physique ou simplement faire face à la dureté de la vie, nous serons seul, et notre maître ne pourra rien pour nous à ce moment précis ! 


Le maître est donc un guide, tantôt sage, tantôt débordant. Il peut être un combattant ou un fin gourmet soucieux du détail. Quelle sorte de maître nous convient? Avec lequel nous comblerons notre appétit insatiable?


Je pense que la réponse se trouve en chacun. Nous sommes tous différents, n'ayant pas les mêmes besoins et attentes les uns des autres. On dit souvent que l'on connaît le maître à la simple vue de ses élèves... et vice versa....


*Vertus martiales (Humanité, justice, politesse, intelligence, sagesse, courage).

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