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Toute la vérité sur les "couteaux papillons" 蝴蝶刀

Dernière mise à jour : 9 déc. 2019


Soldat chinois du sud de la chine (1860) Certainement de Canton posant avec des Hudiedao de style anciens. 

 

Afin de présenter le stage du 5 Avril à Narbonne sur les Hudiedao  蝴蝶刀 « couteaux papillons » ; mais aussi afin de remettre au clair une idée très largement rependue qui tend à dire que ces sabres courts sont une pratique issue du style Wing Chun ; je vais tenter de vous les présenter ici de façon un peu plus détaillée.

Différentes appellations…


Sabres courts, couteaux cantonais, oreilles de bœuf…  sont autant de noms donnés de façon fantaisiste à ces grands couteaux. Ces sabres courts sont originaires du sud de la chine.  Le nom chinois traditionnel est  «Hudiedao » , littéralement sabres papillons, nom donné en raison de l’utilisation fleurie des rotations de poignets dans l’exécution de leurs techniques. Ces couteaux sont, nous pouvons le dire, assez récents. Il n’existe pas d’exemple connu remontant au-delà du début du 19 ème siècle. On peut donc en déduire que toutes traditions martiales se réclamant de temps  plus anciens ont soit incorporé leur utilisation de façon assez récente, soit …. 


 Il existe deux types de design différents pour les lames.


- Une,  plus longue et pointue remontant de la garde à la pointe de façon plus effilée et triangulaire mais assez large en épaisseur.

- L’autre, plus courte, plus fine d’épaisseur mais plus large sur toute la longueur.

Les deux types de Hudideao, "larges" à gauche (modèle plus récent) et "fins" à droite (modèle ancien). L'exemple à l'extrême droite semble être un style hybride, certainement forgé à la jonction entre les deux styles .


Généralement, les exemples anciens étaient plats sur une des faces pouvant ainsi être insérés l’un contre l’autre avec facilité dans un fourreau généralement en cuir. Ils possèdent tous deux une garde (généralement en laiton) qui remonte dans le dos de la lame permettant d’y insérer le pouce et pouvoir les utiliser en rotation, pointe vers le bas, protégeant ainsi l’avant bras (voir la vidéo). Ce petit crochet sert aussi à bloquer/contrôler l’arme de l’adversaire laissant l’autre sabre libre de riposter.  A l’inverse des épées, ils ne sont tranchants que sur un bord. Originellement les lames n’étaient pas tranchantes sur toute leur longueur mais souvent sur les 2/3 partant du milieu à la pointe afin de permettre de bloquer sans endommager le fil de coupe. Leur longueur  de lame est généralement équivalente  à la longueur d’un avant bras, même si il en existe de toute taille.

Chef des triades de New York 1930


Historiquement les milices villageoises utilisaient cette arme dans le sud de la chine, au même titre d’ailleurs que les gangs, triades, même expatriés dans le chinatown de San Fransisco et ceux jusque dans le milieu des années trente. Les militaires chinois du sud dans le courant des années 1800-1900 les utilisaient également.


Démonstration de rue San Fransisco 1900 Remarquez le style plus large, adopté par les artistes martiaux jusqu'à nos jours


Les Hudiedao en quelques styles


Comme je le disais au début du topique, ces armes ne sont pas une utilisation dédiée spécialement à la pratique du Wing Chun, même s’il est vrai que celui–ci en a fait la renommée et aidé à leur popularisation au niveau mondial. Nous pouvons aisément dire que tous les styles du sud de la chine à quelques exceptions prêts les utilisent.  Les styles Pak Mei, Long Ying, Yau Kung Moon, Mok Gar, Hung Fut, Choy Lee Fut, Jow Gar, Chow Gar, Ark Fu Moon… ont tous une forme utilisant ces sabres. Parmi ceux-ci, se distinguent les styles Hung Gar de la lignée de Tang Fong et Wing Chun ayant renommé  l’arme en Tze Mo Seung Too 子母双刀  « sabre mêre et fils »  pour le Hung Gar et Ba Jam Too  八斬刀  « sabre 8 tranchant » pour le Wing Chun.


Bien que la plupart du temps les couteaux soient utilisés par paire, il existe des écoles telles que le Choy Lee Fut qui n'utilisent un seul couteau additionné au bouclier (Tan Bai).


La forme présentée ici est relativement courte et convient très bien aux débutants par sa facilité et rapidité d’apprentissage. C’est une « forme du sud » dont l’origine est inconnue (ce qui est régulièrement le cas en chine étant donné que les maîtres s’échangeaient des formes dans le passé), elle m’a été enseignée par un vieux maitre de Pak Mei dans la campagne aux alentours de Foshan.



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