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Tenter l'expérience chinoise

Dernière mise à jour : 9 déc. 2019

Nombreuses sont les personnes m’avançant que je suis « chanceux » de vivre la vie martiale que je vie, comme si c’était quelque chose d’inaccessible, de grandiose. Je vais vous apprendre quelque chose qui va vous surprendre : je l’ai choisi ! Alors malgré que je sois très heureux de l’avoir fait, rassurez vous, ça n’a jamais été une difficulté dans ce sens, je suis passionné « je n’aimais, je n’aime et je n’aimerai » (pour reprendre un certain Cabrel)  toujours faire que ça.


C’est donc le genre de discours auquel je répond généralement, chance oui… Mais ce n’est pas arrivé en mangeant des chips devant les anges de la télé-réalité ou scoubidou (bien que le second soit bien plus intéressant que le premier à mon humble avis), il fallait mettre une dynamique en route. Pour ceux qui se posent la question, le premier périple (et les trois qui suivirent) je l’ai sué, économisé, fais une saison entière à la porte d’une boîte de nuit, j’ai pris un billet d’avion pour mon meilleur ami Long et moi même, et nous voilà parti pour Hong Kong. L’entrainement en Chine, la découverte d’un style particulier/rare me convenant était un rêve de toujours, un jour j’ai fais le saut (et oui j’ai des c....., et vous, en avez vous ?)


Ceci étant dis, revenons  en au réel intérêt de cet article.


 Je reçois régulièrement des messages me demandant de quelle manière il est possible de partir s’entrainer en Chine, avec mon maître.


Je vais tenter ici de vous donner des indications sur le : quoi choisir, avec qui, comment et où. Il existe en Chine une multitude de styles, classés en boxes du nord et boxes du sud, vous le savez, je ne m’éternise pas.


Il existe aussi une multitude de types de maîtres et d’enseignements. Il vous faut trouver celui qui vous correspond.


Dans un premier temps, déterminez si vous préférez travailler du Wushu sportif ou du traditionnel.


Sportif ou traditionnel ?


L’art martial chinois se décline sous deux formes, sa forme traditionnelle et sa forme sportive. Les deux disciplines demandent un engagement sérieux, différent, mais tout aussi consciencieux.


Wushu moderne

wushu traditionnel


Dans le cas de la pratique sportive du wushu moderne

Les qualités athlétiques nécessaires au travail du Wu shu moderne sont indéniablement de très haut niveau. Les athlètes doivent s’entrainer aux mêmes gestes sans relâche afin qu’ils soient les plus clairs, rapides, légers et précis possibles. Les aptitudes gymniques et acrobatiques sont mises en avant. Ici pas question d’y chercher un lien direct avec l’art du combat à proprement parlé, il faut l’envisager comme un art, basé sur des mouvements martiaux.


Le lieu :


Afin de vous y préparer au mieux, il vous faudra vous rendre dans une université de Wushu. Ces universités sont présentes dans toutes les grandes villes. Il est possible d’y étudier de plus ou moins longues périodes. Certaines sont très réputées tels que l’université de Wushu de Pékin et l’université de Wushu de Shanghai.


Les horaires varient selon les centres mais ils sont réguliers. Plusieurs heures par jours sont généralement proposées sur des périodes allant d’une semaine à une année. Le logement y  est possible.


Dans le cas de la pratique d’une boxe traditionnelle


Les styles traditionnels demandent quand à eux des aptitudes plus axés sur le mental dans son sens le plus stricte. La résistance à la douleur, le dépassement de la peur de l’affrontement... Il privilégie le travail des applications avec partenaire, du moins, il le devrait (il est vrai qu’aujourd’hui en Chine il est sérieusement délaissé, vous êtes prévenues et ne serez pas surpris). Il est axé sur une compréhension de la stratégie de combat, sur l’adaptation en relation de la réaction adverse, la distance, la génération de force.


Avant cela, le travail de la structure étant primordial, l’entrainement se fait énormément seul en chine, répétant des mouvants durant des heures, de la base, de la base et de la base... Ce n’est pas souvent fun et ça demande beaucoup de volonté.


Pour l’anecdote, mon maitre m’a demandé de travail des coups en pivot par séries… de 500, arrivant à 2000 répétitions dans la même séance.


J’ai eu personnellement des épisodes de douleurs des membres inférieures réellement intenses, au point de devoir m’aider de mes mains pour croiser et décroiser mes jambes assis au restaurant une fois l’entrainement terminé. 


Le lieu :


L’enseignement se fait majoritairement dans les parcs. Quelques fois dans la demeure du maitre et si vous êtes chanceux ce dernier possède une école. Pour trouver le maitre ou le style que vous désirez, vous pouvez contacter l’association de kung fu de la ville. L’association Jing Wu également est présente dans plusieurs villes.


Les horaires et nombres d’heures d’entrainement dépendent du maitre, là il suffit juste de se taire et de faire ce qu’il vous demande. Il m’arrivait régulièrement de m’entraîner de 6h à 8h par jours durant 1 mois, 7/7.


Comme vous pouvez le voir, la boxe traditionnelle et le Wushu moderne, sportif sont deux jeux très différents, il faut donc premièrement faire le choix de ce que nous voulons parmi ces deux catégories.


Le choix du style


En Chine continentale, à l’inverse de Taïwan et Hong Kong le choix est quasiment illimité. Par contre, la révolution populaire de Mao à fait des dégâts, les styles ne sont pas toujours complets, les formes d’armes ont été perdues... Rassurez vous, contrairement à ce qu’il se dit à Hong Kong, l’art martial est toujours vivant, il faut juste bien chercher. Marrant d’ailleurs d’écouter les mêmes maitres critiquer la pratique en Chine continentale, clamant qu’à HK ils ont gardés les traditions ; pour après s’y rendre et apprendre tel ou tel style, ou conseiller de s’y déplacer si l’on désire des artefacts et de vieilles méthodes.  Paradoxale n’est ce pas ? C’est vrai et faux à la fois.   


Toute sortes de structures de corps sont développées, des styles linéaires, d’autres à l’opposé, circulaires, des coups en balanciers, des boxes compactes, simples et directes, d’autres compliquées et fleuries...


Pour un résultat optimal, il est nécessaire de comprendre pour quel type de style nous avons des qualités naturellement développées. Le sculpteur sur pierre prend bien soins de choisir sur quel pierre il effectuera son œuvre. Si vous êtes naturellement agiles et souples, il est peut être plus judicieux de pratiquer un système à base de coups de pieds. Au contraire, si vous êtes trapus, planté au sol, il sera préférable de pratiquer un style du sud basé sur le travail de mains et sur l’ancrage au sol.


Bien entendu, le choix doit également  être basé sur le goût, là c’est une question vraiment personnelle : que préfère t’on pratiquer ?


La barrière de la langue


La Chine n’est pas un pays où la pratique des langues étrangères est bien implantée. Bien entendu, cela évolue petit à petit, il n’est pas trop difficile de trouver de jeunes chinois parlant quelques peu anglais pour retrouver son chemin, mais trouver un maitre, d’un certain âge, parlant l’anglais et étant disposé à enseigner est autre chose. Afin d’accéder à l’apprentissage, le près requis est de posséder des bases minimums en mandarins. Quelque soit l’endroit ou vous rendrez, quelque soit le style désiré, que le dialecte du coin soit majoritaire ou pas, la plupart des chinois vous comprendront et seront capables de répondre.


Mon expérience fut la suivante, je suis parti les trois premiers voyages avec mon meilleur ami et frère d’arme Long, d’origine asiatique, parlant le chinois. Après ces trois séjours, se fut moi avec moi même, des jours/semaines durant seul avec mon maitre à tenter de déchiffrer et apprendre ce que je pouvais. Une bonne expérience, apprise dans la souffrance :)

Maintenant que vous êtes prévenues, n’attendez plus, j’entends la sonnerie, c’est l’heure de l’école !


Les différents types de maîtres


Selon que vous choisissiez de pratiquer du kung-fu traditionnel ou du moderne, vous n’aurez pas affaire aux mêmes personnes.


D’expérience, je peux affirmer que les maîtres de tous types sont généralement bien disposés à divulguer leurs arts. Attention, je parle là de façon très général, certains restent fébriles voir hermétiques si vous ne partagez pas leur langue ; dans quelques cas même, leur dialecte. Tant pis pour eux, les jeunes chinois n’étant pas intéressés par leurs connaissances, leur enseignement disparaîtra.


Les maîtres de boxes traditionnelles familiales sont difficiles à dénicher. Ils sont peu nombreux et s’exposent généralement moins que leurs confrères du Wushu moderne. 

Armez-vous de patience.


La pratique en Chine et la zone géographique


Une fois le choix du style fait, il faut bien comprendre que vous ne trouverez pas tout, partout. Je ne le dis jamais assez, la Chine possède une superficie de 17 fois supérieure à celle de la France. Il vous faudra vous rendre dans la zone géographique de l’origine de votre style. Pour l’exemple, vous n’apprendrez pas de HungGar à Pékin ou de Cha Quan à Fujian.


De grandes familles de styles sont réunis de part leur situation géographique. Au Fujian et Guangdong les boxes Hakkas, les boxes connues dites « nordiques » dans le Henan, le Hebei etc...


Plus le style recherché est rare, plus c’est vrai. Si vous choisissez  un style de village, ce sera sac à dos, vous et votre chance et... bon courage ! N’oubliez pas tout de même « qu’a coeur vaillant rien d’impossible ».


L’apprentissage à Hong Kong et Taïwan


Le choix le plus facile pour ce qui est des boxes traditionnelles. De nombreux maîtres parlent un anglais compréhensible. Ils sont généralement disposés à enseigner car un bon nombre en font le business. Vous trouverez une grande variété de styles, dans leur expression la plus complète. Hong Kong et Taïwan furent les lieux de fuites de nombreux maîtres durant la révolution culturelle de Mao dans les années 60. Le kung-fu y est donc là bas bien répandu, complet et de bonne qualité n’ayant pas subi les années de répressions.  


Bien que le choix soit large, il reste limité comparé à la Chine continentale.


Ici, c’est un peu le choix de monsieur tout le monde, la facilité.

Avec mon maitre d'arme Sifu Lai Chun Wah sur le toit de l'école dans le quartier de Sam Shui Po


L'entrainement se fait au parc, les écoles étant minuscules, collant au problème de place disponible du pays. La spécificité intéressante réside dans l'entrainement sur le toit du building, spécialité Hongkongaise. 


Information importante, le coût de la vie, le logement, est bien plus élevé qu’en Chine, prenez en note selon votre budget. 


La rémunération de l’enseignant


Si le maitre a pignon sur rue, qu’il enseigne de façon professionnelle il est fortement possible qu’il pratique un tarif déterminé. Certains maîtres ont bien compris qu’il y avait de l’argent à gagner avec les étrangers et les prix sont quelques fois déraisonnables. Pour l’anecdote j’ai eu rencontré un enseignant qui était maitre de TaijiQuan style Chen lors de notre première rencontre et qui trois ans après, avec l’arrivée de la mode WingChun en est devenu un maitre lorsque les occidentaux débarquaient...


Si le maitre est un villageois modeste, vous lui offrirez un bon repas couplé au « Hong Bao » l’enveloppe rouge traditionnelle dans laquelle vous disposerez ce que vous voulez/pouvez.



La réaction d’un bon maitre (dans mes propres critères) sera le refus, insistez en argumentant que c’est juste pour qu’il aille se prendre un thé avec sa femme.


Je vous conseil de préférer les seconds aux premiers...


Finalement


Voilà qui je l’espère vous permettra de débroussailler l'épaisse forêt de vos interrogations, doutes et vous permettra de démarrer sachant vers quoi vous diriger. Avant de vous rendre dans l’empire du milieu, faites bien vos choix, sachez ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas, regardez les sites de vidéo en ligne, ailliez une connaissance visuelle de ce pourquoi vous partez. Si comme moi, vous savez ce que vous voulez, mais ne savez pas où le trouver, que vous êtes du genre à faire les choses à l’instinct, sans réel plan, ce n’est pas la meilleure méthode, mais le conseil que je peux vous donner et de taper à toute les portes, de parler au gens une fois sur place, ne pas être timide, je suis profondément convaincu que « qui cherche finit par trouver », que les perles du colliers s’enfilent les une à la suite des autres et que chacun à son propre destin en main, peut être est il écrit... ça a marché pour moi.


Permettez-moi de finir, en vous donnant un petit conseil à ne jamais oublier.

Quoi que vous choisissiez de faire, dans n’importe quel domaine, n’écoutez jamais ceux qui vous disent que ce que vous avez choisi de faire est impossible, trop difficile, irréalisable... Les incapables retiennent les capables à leur niveau. Les gens qui ont réussies, les Brad Pit, Obama, Eminem, Bill Gates... Ne vous diront jamais que les rêves sont irréalisables. La seule chose à respecter c’est que ces choix ne vous mettent jamais en danger.


Et pour finir vous concernant directement : ne vous construisez pas vous même votre propre cage. Les barrières, nous nous les posons souvent nous même, par peur, doute... si vous voulez, juste: faites.


Écrivez votre propre histoire,  vous souhaitant bonne route, avec force et courage. 

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