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Le chemin vers la connaissance

Dernière mise à jour : 9 déc. 2019

En ces dix ans d'enseignement, j'ai pu constater une chose. Les élèves ayant dépassé la première année d'apprentissage (donc revenues la rentrée suivante) voient une baisse de leur fréquentation aux cours après la troisième année.


Je diviserai les phases d’apprentissage de la manière suivante :

-1er année: découverte, la pratique est nouvelle, cela semble difficile mais nous sommes motivés, nous nous accrochons. Si l'on passe cette première année...

-2eme année: Les choses se mettent en place, nous progressons, toujours l'engouement de la découverte mais surtout des premières vraies sensations.

-3eme année: au cours de celle-ci, la pratique ne nous semble plus tout aussi nouvelle. L’excitation du "premier rendez vous" est moins présente.

-4eme année: maintenant, il faudra une vraie passion pour continuer de joindre les cours et accepter que dorénavant, la progression se fera petit à petit, sans s’en rendre compte.

ET POURTANT! La progression et la découverte n'en sont qu'à leurs débuts.


Le développement de l’élève


Considérons l’art martial comme une lame. La pratique se compose dans les grandes lignes de deux phases distinctes : la forge et l'affûtage. Lors des premières années de pratique l’arme prend son aspect général, nous forgeons sa forme. Cette phase dure plus ou moins longtemps selon les individus et développe la structure de corps propre au style étudié. Si l’arrêt n’est pas trop prématuré, nous avons réussi à forger la forme. Ceci ne peut être perdu, ce qui est acquis l’est définitivement, c’est profondément ancré. Ensuite, vient la période d’affûtage, nous l’aiguisons lors de notre pratique quotidienne, réflexes, précision, coup d’œil.... L’efficience provient de l’affûtage.


Avec l’arrêt, la lame s’émousse forcément, comme un couteau avec le passage du temps, mais maintenant plus de danger, c’est superficiel, il nous suffit simplement de reprendre l’entrainement sérieusement pour retrouver les sensations perdues et remettre en place ce qui ne l’est plus.


Du point de vu du professeur


Ce que je m’apprête maintenant à dire peut choquer à la première lecture, mais laissez moi développer. L’enseignant enseigne, c’est sa tâche et il doit le garder à l’esprit. Il voit durant ses années d’enseignement plusieurs générations d’élèves se succéder. De ces différentes générations, peu seront les élèves qui iront au bout de leur pratique, qui termineront le curriculum. L’enseignant doit comprendre cela dés ses début. Chacun joins le cours pour des raisons qui lui sont propres. Certains pour la self défense, certains autres pour l’art, la culture ou encore pour le lien sociale que l’école procure. Les élevés vont et viennent suivant leurs envies ou leurs obligations de travail et familiales.


Afin de ne pas être désabusés par le manque de régularité ou l’arrêt prématuré de la pratique (tout professeur connaît cela), il faut considérer l’enseignement avec égoïsme. Ne pas enseigner pour l’élève, mais pour sois.


Je m’explique.


Enseigner est et restera toujours le don d’une connaissance à une tierce personne. Ce qui change c’est la manière dont vous appréhendez la chose, si vous enseignez par amour de l’enseignement, n’attendant rien de l’élève, c’est à vous que vous faites plaisir et vous n’êtes pas désabusés par le manque de sérieux ou l’abandon fréquent. L’élève prend ce qu’il a à prendre et celui qui va au bout à toujours tout à y gagner. Simplement, l’angle de vue change et vous n’avez pas le sentiment de perdre votre temps.

Un accès à la connaissance

- Je possède à ce jour un curriculum d'exactement 98 formes mains nues et armes confondues.

- Un style inconnu en Occident avant ma visite en Chine, rare et profond, ayant un degré de technicité et d’efficacité incomparable.

- Un éventail d’armes classiques extrêmement rare pour une majorité d’entre elles.

- Des connaissances techniques de contrôle et soumissions chinoises (les Qin Na).

- Le partage de l'expérience du combat de rue acquis quelque fois durement.

- De l’histoire et de la culture, résultant de recherches lors de nombreux voyages.

Une connaissance que je considère comme étant un trésor d’une grande valeur acquise auprès de différents maîtres de qualités. Ca m’a coûté du temps, des efforts, des sacrifices.

Je ne suis pas un gardien de trésor et j’enseigne tout ce que l’élève peut absorber, sans égoïsme et sans restriction.

Néanmoins il faut bien comprendre que l’apprentissage prend du temps, pour avoir accès à l’ensemble il faut posséder une réelle passion.


Ceci étant dit

Merci aux élèves présents de l’être.

Pour ceux ayant quittés les cours, désireux de revenir mais craignant de devoir recommencer, gênés de demander à revoir ce qu’ils ont oublié : revenez ; ce sont des considérations absurdes, je le répète, l’enseignant enseigne, c’est sa tâche.

Nous nous voyons à la rentrée.

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